Tapez « cnftp » dans un moteur de recherche et vous atterrirez, presque à chaque fois, sur des pages consacrées au CNFPT. Les deux lettres inversées ne changent rien à l’affaire : il s’agit bien du Centre national de la fonction publique territoriale, l’organisme qui pilote la formation de plus d’un million de stagiaires chaque année. Que vous soyez agent territorial, candidat à un concours ou responsable RH dans une collectivité, mieux vaut comprendre tout de suite à quoi sert cette structure avant de chercher à s’y inscrire ou à la contacter.
CNFTP, CNFPT : de quoi parle-t-on exactement ?
Le CNFPT est un établissement public à caractère administratif, créé par le décret n° 87-811 du 5 octobre 1987. Concrètement, cela signifie qu’il n’appartient ni à l’État seul ni aux collectivités seules : il fonctionne selon un principe paritaire, avec un conseil d’administration de 34 membres où siègent 17 représentants des collectivités territoriales (12 pour les communes, 3 pour les départements, 2 pour les régions) et 17 représentants des agents. Cette architecture garantit que les décisions sur la formation territoriale sont prises conjointement par ceux qui emploient et par ceux qui sont formés.
Le CNFPT est présidé depuis 2009 par François Deluga, réélu en 2015, 2021 puis en 2024, et dirigé au quotidien par une directrice générale en poste depuis janvier 2019. Un conseil national d’orientation, composé notamment de 10 représentants des collectivités et de 10 représentants des organisations syndicales, complète cette gouvernance en orientant les grandes priorités de formation.
Formation, concours, études : les trois missions du CNFPT
Trois missions structurent l’activité de l’établissement. La première, la plus visible, est la formation des agents territoriaux, qu’elle soit obligatoire, continue ou de perfectionnement. La deuxième est la préparation aux concours et examens professionnels de la fonction publique territoriale. La troisième, moins connue, est la production d’études sur les métiers territoriaux : le CNFPT tient à jour un répertoire de 231 fiches métiers réparties en 18 domaines d’activité, une ressource précieuse pour les services RH qui doivent anticiper leurs besoins en compétences, sachant que 30 % des agents territoriaux devraient partir à la retraite d’ici 2030.
Chaque année, l’établissement propose plus de 5 000 stages et formations différents. Ce volume s’explique par la diversité des métiers territoriaux, qui va du secrétariat de mairie à la police municipale en passant par l’urbanisme ou l’action sociale.
Quelles formations pour quels agents ?
Les formations statutaires : intégration et professionnalisation
Tout agent territorial nouvellement titularisé doit suivre une formation d’intégration d’une durée de 5 jours, à réaliser dans les deux ans suivant sa titularisation. S’y ajoute la formation de professionnalisation, obligatoire elle aussi, dont la durée varie de 2 à 10 jours selon le grade et le moment de la carrière (prise de poste, changement de fonction, avancement). Ces obligations découlent du cadre légal fixé par la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 et précisé par le décret n° 2008-830 du 22 août 2008, complétés depuis par la loi n° 2019-828 du 6 août 2019 et l’ordonnance n° 2021-1574 du 24 novembre 2021, aujourd’hui codifiés aux articles L. 451-1 et suivants du Code général de la fonction publique.
Préparer un concours ou faire reconnaître son expérience
Le CNFPT organise également des préparations aux concours et examens professionnels de la catégorie A à la catégorie C, sans pour autant recruter directement les agents lauréats. Pour les cadres et les fonctions stratégiques, deux instituts spécialisés prennent le relais : l’INET (Institut national des études territoriales) pour les hauts cadres, et les INSET, répartis en plusieurs sites, pour les formations spécialisées. Enfin, la validation des acquis de l’expérience (VAE) et la reconnaissance de l’équivalence des diplômes (RED) permettent à un agent de faire valoir un parcours professionnel ou une qualification obtenue par une autre voie, sans repasser par la case concours.
CNFPT ou centre de gestion : qui fait quoi ?
C’est la confusion la plus fréquente chez les nouveaux agents comme chez les petites collectivités. Le CNFPT forme et prépare aux concours ; les centres de gestion (CDG), eux, organisent une partie des concours de catégorie B et C, gèrent les listes d’aptitude, publient les postes vacants et conseillent les collectivités sur leurs recrutements. Les deux structures sont complémentaires plutôt que concurrentes : un agent peut très bien préparer un concours avec le CNFPT puis être recruté grâce à une liste d’aptitude tenue par un centre de gestion.
Accéder aux formations : délégations, cotisation et démarches pratiques
Le CNFPT est financé par une cotisation obligatoire des collectivités, fixée à 0,9 % de leur masse salariale. Cette cotisation finance le budget de formation, qui se traduit en places de stage, puis en compétences nouvelles chez l’agent formé, ce qui améliore le service rendu aux habitants. Négliger les formations obligatoires fragilise donc l’ensemble du dispositif RH d’une collectivité, bien au-delà du seul agent concerné.
Sur le terrain, l’accès aux formations passe par les délégations régionales du CNFPT, réparties sur tout le territoire, qui organisent les sessions et orientent les agents selon leur métier et leur zone géographique. Les collectivités et les agents peuvent consulter le catalogue de formations, s’inscrire directement en ligne et, pour certains modules, suivre des sessions à distance en e-learning ou en classe virtuelle. Un agent qui souhaite se former sur un temps plus long peut aussi solliciter un congé de formation professionnelle, pouvant atteindre trois ans cumulés sur l’ensemble d’une carrière.