La trésorerie, c'est l'oxygène de l'entreprise. Un dirigeant peut piloter son résultat, sa marge, son carnet de commandes, si la trésorerie est vide, tout s'arrête en 30 jours. Voici les fondamentaux pour ne jamais en arriver là.
- Comprendre la différence entre rentabilité et trésorerie
- Règle 1 : le tableau de trésorerie à 90 jours
- Règle 2 : accélérer les encaissements
- Règle 3 : la réserve de sécurité
- Règle 4 et 5 : diversifier les banques, négocier les délais

Comprendre la différence entre rentabilité et trésorerie
Une entreprise peut être bénéficiaire et à sec. Comment ? Elle facture 100 000 € à un gros client, encaisse 3 mois plus tard, mais doit payer ses salariés et fournisseurs entre temps. Le résultat comptable est positif, mais le cash a manqué.
C'est le fameux BFR (Besoin en Fonds de Roulement) : la différence entre ce que vous devez (fournisseurs, salaires, TVA) et ce que vos clients vous doivent. Un BFR mal maîtrisé tue plus vite qu'un mauvais résultat annuel.
Règle 1 : le tableau de trésorerie à 90 jours
Chaque semaine, mettez à jour un tableau prévisionnel de trésorerie sur 90 jours : entrées attendues (factures à encaisser) et sorties prévues (fournisseurs, salaires, TVA, cotisations). Le solde par semaine doit rester positif.
Si vous voyez un trou dans 6 semaines, vous avez 6 semaines pour agir : relancer un client, décaler un investissement, obtenir un délai fournisseur, mobiliser une ligne de crédit. Sans ce tableau, vous découvrez le problème quand il est trop tard.
Règle 2 : accélérer les encaissements
Facturez le jour même de la livraison, jamais en fin de mois « pour simplifier ». Chaque jour de retard de facturation est un jour perdu sur votre trésorerie. Envoyez la facture par mail plus courrier — le mail est encaissable plus vite.
Négociez des acomptes systématiques (30 % à la commande, 30 % à mi-projet, 40 % à livraison). Relancez systématiquement à J+5 avant échéance et à J+2 après. Sortez rapidement les clients mauvais payeurs, quitte à réduire votre chiffre d'affaires : mieux vaut 90 % de bons clients que 100 % avec 10 % qui ne paient pas.

Règle 3 : la réserve de sécurité
Objectif : disposer de 2 à 3 mois de charges fixes en trésorerie disponible. Pour une entreprise avec 50 000 € de charges mensuelles fixes, la réserve idéale est de 100 000 à 150 000 €. Placée sur un compte à terme court ou un livret business, elle génère un rendement modeste mais reste mobilisable.
Cette réserve absorbe les imprévus : perte d'un gros client, panne machine, retard d'un client majeur. Sans réserve, l'entreprise dépend de la moindre facture impayée. Une entreprise avec réserve peut négocier en position de force avec ses partenaires.
Règle 4 et 5 : diversifier les banques, négocier les délais
Ne mettez pas tous vos comptes dans une seule banque. En cas de conflit avec votre banquier (retrait d'une autorisation de découvert, refus de crédit), vous perdez tout d'un coup. Deux banques minimum, avec des lignes de crédit ouvertes dans chacune.
Négociez systématiquement les délais fournisseurs : 30, 45 ou 60 jours au lieu du comptant à réception. Chaque jour gagné améliore votre BFR. Et négociez les délais clients à l'inverse : le meilleur commerçant, c'est celui qui obtient 30 % d'acompte.