En 2026, le taux URSSAF d’un auto-entrepreneur dépend de la nature de son activité. Le principal changement concerne les prestations de services en BNC, dont le taux passe à 25,6 %. Pour déclarer le bon montant, il faut distinguer les cotisations sociales de la CFP, du versement libératoire et des règles propres à la Cipav.
Les taux URSSAF à appliquer selon votre activité
Le régime micro-social simplifié applique un pourcentage au chiffre d’affaires encaissé. Ce taux finance notamment l’assurance maladie-maternité, les indemnités journalières, les allocations familiales, l’invalidité-décès, la retraite de base et complémentaire, ainsi que la CSG et la CRDS.
| Nature de l’activité | Taux de cotisations sociales 2026 |
|---|---|
| Achat-revente de marchandises | 12,3 % |
| Prestations de services commerciales ou artisanales (BIC) | 21,2 % |
| Autres prestations de services et activités libérales non réglementées (BNC) | 25,6 % |
| Professions libérales réglementées relevant de la Cipav | 23,2 % |
| Location de meublés de tourisme classés | 6 % |
La qualification de l’activité est donc déterminante. Un consultant, un formateur ou un rédacteur peut relever des BNC, tandis qu’un artisan qui réalise une prestation commerciale ou artisanale relève généralement des BIC. Les professions libérales réglementées affiliées à la Cipav appliquent le taux spécifique de 23,2 %.
En cas de doute, vérifiez votre catégorie depuis votre espace sur autoentrepreneur.urssaf.fr. Cette vérification évite d’appliquer le taux BNC à une activité relevant des BIC, ou inversement.
Pourquoi le taux BNC atteint 25,6 % en 2026
Pour les prestations de services BNC hors Cipav, le taux était de 24,6 % en 2025. Il atteint 25,6 % au 1er janvier 2026, après une hausse progressive engagée le 1er juillet 2024. Cette évolution est notamment liée au renforcement des droits à la retraite complémentaire.
Sur 5 000 € de recettes encaissées, le passage de 24,6 % à 25,6 % représente 50 € de cotisations supplémentaires sur la période déclarée. Pour une activité de conseil ou de création, cette différence doit être intégrée dans les prix, les devis et la trésorerie prévisionnelle.
Calculer le montant réellement dû
Le calcul de base est direct : chiffre d’affaires encaissé × taux applicable. Une facture émise mais non réglée ne doit pas figurer dans la déclaration. À l’inverse, un règlement reçu pour une prestation réalisée plus tôt doit être déclaré sur la période durant laquelle il a été encaissé.
Exemple pour une activité BNC
Un micro-entrepreneur BNC encaisse 3 000 € sur un mois. Ses cotisations sociales s’élèvent à 3 000 × 25,6 %, soit 768 €. Ce montant ne comprend pas nécessairement tous les prélèvements liés à l’activité. La CFP s’ajoute, tout comme le versement libératoire si cette option fiscale a été choisie.
À chaque encaissement, répartissez la somme entre cotisations sociales, impôt éventuel, dépenses professionnelles et revenu disponible. Cette méthode évite de confondre le solde du compte bancaire avec l’argent réellement utilisable. Pour une activité aux revenus irréguliers, mettre de côté le montant correspondant dès la réception du paiement est plus sûr que d’attendre l’échéance URSSAF.
CFP, versement libératoire et ACRE : les montants à distinguer
Le taux présenté dans le tableau couvre les cotisations sociales, mais pas tous les prélèvements. La contribution à la formation professionnelle (CFP) est payée en même temps que les cotisations. Elle est de 0,1 % pour les activités commerciales, de 0,2 % pour les services BNC et Cipav, et de 0,3 % pour certaines prestations de services.
Le versement libératoire de l’impôt sur le revenu est une option distincte, soumise à des conditions de revenu fiscal. Il représente 1 % pour la vente, 1,7 % pour les prestations BIC et 2,2 % pour les services BNC ou Cipav. Il ne doit donc pas être confondu avec le taux de cotisations sociales.
L’ACRE peut réduire temporairement les cotisations si vous remplissez les conditions d’éligibilité. Avant le 1er juillet 2026, le taux minoré correspond à 50 % du taux habituel. À partir du 1er juillet 2026, il est annoncé à 75 % du taux normal, soit une exonération limitée à 25 %. Vérifiez votre situation et votre date de début d’activité sur les pages officielles de l’URSSAF.
Déclarer et payer ses cotisations à l’URSSAF
La déclaration du chiffre d’affaires reste obligatoire, même lorsque vous n’avez encaissé aucun euro. Dans ce cas, indiquez 0 €. Aucune cotisation sociale n’est due, mais l’absence de déclaration peut entraîner des pénalités ou une taxation d’office.
- Choisissez une déclaration mensuelle ou trimestrielle lors de votre inscription.
- Connectez-vous à votre espace sur autoentrepreneur.urssaf.fr ou à l’application AutoEntrepreneur Urssaf.
- Déclarez les recettes encaissées dans chaque catégorie concernée.
- Contrôlez le montant calculé, puis procédez au télépaiement.
En activité mixte, ne reportez pas le montant total dans une seule case. Ventilez le chiffre d’affaires entre la vente, les services BIC et les services BNC selon la nature réelle des recettes. Le plafond annuel global atteint 203 100 € en 2026, avec un maximum de 83 600 € pour la partie correspondant aux prestations de services ou à l’hébergement.
ACRE, DROM, Cipav et erreur de taux : les cas particuliers
Les auto-entrepreneurs établis en DROM ou relevant de la Cipav peuvent être soumis à des règles différentes. Avant de déclarer, vérifiez les modalités applicables auprès de l’URSSAF, de l’Assurance retraite ou de la Cipav. Le taux dépend toujours de la catégorie d’activité et du régime d’affiliation.
Si un mauvais taux a été appliqué, modifiez la déclaration depuis votre espace en ligne dès que l’option est disponible. Conservez ensuite le récapitulatif corrigé. Cette vérification est particulièrement utile lorsqu’une activité BNC a été calculée avec l’ancien taux de 24,6 % au lieu du taux de 25,6 % applicable en 2026.
Le bon réflexe consiste à vérifier la catégorie déclarée, le chiffre d’affaires encaissé et les éventuelles contributions additionnelles avant chaque paiement. Cette méthode limite les erreurs et permet d’anticiper le montant réellement disponible après les prélèvements.